UTILISER LA COMMUNICATION GESTUELLE AVEC LE JEUNE ENFANT

 

De plus en plus de structures petite enfance utilisent la « communication gestuelle » auprès des jeunes enfants. Il s’agit d’un outil ludique associant le geste à la parole et visant à faciliter l’échange, notamment avec les enfants qui ne parlent pas encore ou très peu.

Toutes nos équipes Pim Pam Pomme ont été formées à cette approche et sont amenées à utiliser cet outil au quotidien auprès des jeunes enfants fréquentant la crèche. Cela s’inscrit dans une démarche très respectueuse des besoins de l’enfant et de ses capacités : les bienfaits sont nombreux et cet outil a déjà fait toutes ses preuves depuis l’ouverture de notre première crèche en 2013 !

 

LA MISE EN PLACE DE LA COMMUNICATION GESTUELLE

La communication gestuelle consiste à utiliser des signes, issus de la Langue des Signes Françaises, pour souligner les propos de l’adulte. On choisira alors de ponctuer nos phrases en signant les mots clefs du quotidien, comme par exemple « encore », « manger », « boire, « changer la couche »…

Il n’est pas nécessaire de connaître une multitude de signes pour entrer dans cette communication gestuelle : il faut déjà réussir à maîtriser les essentiels et prendre soin de les signer de manière systématique pour permettre aux jeunes enfants de les intégrer plus facilement. En effet, c’est par la répétition que le tout-petit construit ses apprentissages : petit à petit, il fait l’association entre le geste et le mot et peut alors signer à son tour pour s’exprimer, avant même d’avoir accès au langage !

Chaque enfant peut commencer à s’approprier cet outil vers l’âge de 5 mois mais c’est seulement un peu plus tard, aux alentours de 8 mois, lorsqu’ils en auront les capacités motrices et cognitives, qu’ils pourront reproduire les gestes à leur tour pour communiquer avec l’adulte et pouvoir mieux se faire comprendre.

Il est important de rappeler que l’utilisation des signes reste toujours indissociable du langage verbal. En ce sens, la communication gestuelle n’est absolument pas un frein à l’acquisition du langage, bien au contraire, puisque le signe accompagne toujours la parole et n’a pas pour vocation de la remplacer. Les intonations, la posture, l’expression du visage viennent également renforcer ce que l’on a à dire. On ne pourra pas signer le mot « triste » en conservant un grand sourire : cela apparaîtrait très incohérent pour le jeune enfant.

Cette approche nécessite que l’adulte entre en relation avec le jeune enfant avant même de signer devant lui. L’adulte doit d’abord se mettre à hauteur de l’enfant et attendre de capter son regard. Il faut ensuite prendre le temps de signer mais également prendre le temps d’être à l’écoute de ce que l’enfant a à nous dire. Nous mettons ici en place une relation très individualisée et privilégiée, où l’adulte est pleinement engagé dans les échanges avec l’enfant.

Il s’agit d’une démarche qui doit toujours rester bienveillante vis à vis du jeune enfant. On offre à l’enfant un nouvel outil de communication mais ce dernier reste libre de s’en saisir ou non : certains n’y seront d’ailleurs pas réceptifs. On ne reprendra jamais non plus un enfant si l’un des signes n’est pas reproduit à l’identique de celui que l’adulte aura proposé : il ne s’agit pas ici de viser une performance. L’essentiel reste, avant tout, de réussir à se comprendre et d’entrer dans une communication respectueuse du rythme, des envies et des besoins de l’enfant.

LES AVANTAGES DE SA MISE EN PLACE

Déjà tout-petit, les jeunes enfants imitent les adultes et utilisent naturellement leurs mains pour communiquer (dire au revoir, faire bravo, pointer du doigt… ). Les comptines à gestes sont également un excellent moyen de mobiliser leurs petites mains !

En proposant la communication gestuelle à l’enfant dès le plus jeune âge, nous lui donnons l’occasion de pouvoir devenir acteur des échanges et d’en avoir l’initiative. Il va ainsi pouvoir attirer l’attention de l’adulte et utiliser les signes pour exprimer plus facilement :

                  • ses envies (« encore de l’eau », « manger un gâteau »…),
                  • ses émotions (je suis « en colère », « triste »…),
                  • ses sensations (« j’ai mal », c’est « chaud »…),
                  • nommer les objets et/ou les personnes (« papa, au boulot »…),
                  • commenter ce qu’il se passe autour de lui (« le bébé pleure », « la pluie » qui tombe…).

 

L’adulte, quant à lui, pourra plus facilement décrypter ce que l’enfant cherche à lui dire et y répondre en conséquence, de manière appropriée. Cela participe alors à réduire le sentiment de frustration de l’enfant. L’utilisation des signes permet ainsi de limiter les cris, l’énervement, l’agressivité et diminuent notamment le volume sonore dans les structures collectives, offrant un climat et une ambiance plus sereine pour tous.

En offrant à l’enfant cette possibilité d’être acteur des échanges, nous le reconnaissons comme une personne à part entière, que l’on prend le temps d’écouter, de regarder… Cela vient donc également renforcer son estime de soi et sa confiance en lui.

 

UN PROJET COMMUN AUTOUR DE CETTE DEMARCHE

Pour mettre en place la communication gestuelle auprès des jeunes enfants, il faut que celle-ci ait un véritable sens pour les adultes qui la proposent à l’enfant, qu’ils puissent en connaître et en saisir tous les bénéfices pour pouvoir l’investir au quotidien auprès des jeunes enfants.

Former les équipes de professionnels petite enfance apparaît donc indispensable pour que tout le projet de la structure aille dans cette direction et ne soit pas seulement à l’initiative d’un ou deux professionnels.

Il est également important de pouvoir communiquer ce projet auprès des parents qui nous confient leurs enfants car ce sont eux, avant tout, les premiers éducateurs. Certains peuvent avoir envie de l’investir à la maison et cela permet également, si l’enfant reproduit des signes à ses parents, que ceux-ci ne soient pas surpris. Ils pourront alors en échanger avec l’équipe, pour savoir ce que leur enfant a essayé de leur dire et ainsi mieux répondre aux besoins qu’il aura à exprimer.  Communiquer avec les familles autour de ce projet, c’est également pouvoir répondre à leurs questionnements et aux éventuelles craintes comme la peur que l’utilisation des signes retarde la venue du langage par exemple.

Les jeunes enfants peuvent utiliser leurs mains pour « communiquer », bien avant que leur bouche ne puisse le faire. La communication gestuelle offre alors cette possibilité à l’enfant, dès le plus jeune âge, et doit vraiment s’inscrire dans une démarche bienveillante, respectueuse de l’enfant, pour qu’elle en garde tous ses avantages. 

En effet, il ne faut pas oublier que, rien qu’en observant le bébé, on comprend aussi qu’il a des choses à nous dire, que ce soit par ses mimiques, ses babillages, ses pleurs… La connaissance qu’on a de lui nous permet de réussir à décoder parfois ce dont il a envie, ce dont il a besoin. Les temps d’observation et de partage restent donc primordiaux pour permettre un bon accordage dans la relation.

Delphine DESGARCEAUX – EJE – Coordinatrice Pédagogique Pim Pam Pomme

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