LA PERIODE D’ADAPTATION : PREPARER L’ARRIVEE DU JEUNE ENFANT A LA CRECHE

Chaque année, au mois de septembre, certains enfants vont faire leur rentrée à la crèche. Lors de leur toute première venue, les enfants découvrent à la fois un nouvel espace de vie, de nouvelles odeurs, de nouveaux bruits et de nouveaux visages : tout leur est inconnu !

Afin de faciliter la transition entre la famille et le lieu d’accueil, une période d’adaptation sera alors nécessaire pour que l’enfant app

renne petit à petit à apprivoiser ce nouvel environnement et que son arrivée à la crèche se passe de la manière la plus sereine possible.

LA PERIODE D’ADAPTATION : EN QUOI ÇA CONSISTE ?

A la crèche Pim Pam Pomme, l’adaptation se déroule généralement sur deux semaines.

Lors du premier temps, un professionnel invite le jeune enfant avec son parent à venir passer un moment ensemble au sein de la crèche. C’est alors l’occasion d’échanger sur le fonctionnement du lieu d’accueil, de présenter à la famille le déroulement d’une journée, l’équipe qui s’occupera de l’enfant au quotidien mais aussi de répondre à leurs questionnements. De la même manière, ce temps d’échanges avec le(s) parent(s) sera l’occasion pour le professionnel de prendre connaissance des habitudes de vie de l’enfant (son rythme de sommeil, son alimentation, ce que l’enfant aime faire ou encore ce qui va le rassurer, l’apaiser quand il est triste…). En effet, le professionnel à tout à apprendre de ce nouvel enfant qui arrive à la crèche pour s’adapter au mieux à lui, mieux le comprendre et ainsi pouvoir répondre à ses besoins. Toutes ces informations sont très précieuses, même indispensables, pour garantir un accueil de qualité et assurer une certaine continuité des pratiques entre la maison et la crèche, ce qui contribuera alors à sécuriser le jeune enfant.

Pendant ce temps d’échanges, l’enfant peut prendre le temps de découvrir l’espace de la crèche tout en étant rassuré par la présence de son parent auprès de lui. Certains enfants seront juste observateurs tandis que d’autres iront déjà à la rencontre des autres enfants et à la découverte des jeux : nous respecterons alors le rythme de chacun.

Après ce temps d’échanges, si l’enfant et son parent semblent prêts, nous pourrons proposer une première séparation, assez courte, de 20 à 30 minutes. La première séparation est souvent un moment très fort en émotions, que ce soit pour l’enfant ou son parent :  le professionnel qui a accueilli l’enfant et sa famille accompagnera ces premiers temps de séparation, devenant ainsi une personne « repère ». Il sera important que le professionnel accueillant puisse être entièrement disponible à la relation, à l’écoute de chacun.

Les jours suivants, nous augmentons, petit à petit, les temps de séparation en incluant au fur et à mesure un premier repas puis une première sieste…jusqu’à arriver à une durée correspondant au temps d’accueil de l’enfant à la crèche selon les besoins émis en amont par les parents.

Il faut savoir que plus l’enfant fera l’expérience de séparations positives, plus cela sera aidant lors des séparations suivantes. En ce sens, la période d’adaptation a tout son intérêt car elle va permettre de s’adapter à la réaction de chaque enfant et respecter ainsi son individualité.

Le processus d’adaptation doit donc rester souple : si le premier temps de séparation est trop difficile pour l’enfant, nous pourrons faire le choix de le réduire la fois d’après. Nous pourrons également nous autoriser à écourter le temps d’adaptation en rappelant la famille si jamais l’enfant n’arrive pas du tout à s’apaiser, ou bien même inviter les parents à revenir passer un moment à la crèche avec leur enfant pour lui permettre d’en garder une image positive lorsqu’il reviendra la fois d’après. Dans ces cas. là, l’adaptation prendra parfois plus de temps que prévu initialement. A contrario, pour un enfant qui se montre très à l’aise, la période d’adaptation pourra tout à fait être raccourcie.

PREPARER ET ACCOMPAGNER L’ENFANT A SE SEPARER

Avant d’être en capacité de pouvoir se séparer, l’enfant doit d’abord avoir tisser des liens d’attachement suffisamment sécurisants pour lui. Ces liens d’attachement se construisent dès la naissance de l’enfant : l’enfant développe une relation d’attachement avec au moins une personne de son entourage qui va prendre soin de lui de manière continue et répondre à ses différents besoins. Cela va constituer une vraie base de sécurité pour le jeune enfant qui s’autorisera, petit à petit, à s’éloigner pour aller explorer le monde. Il intégrera alors que, même si l’on ne se voit pas, le lien d’attachement reste suffisamment fort pour accepter une séparation momentanée car il saura que l’autre continue d’exister. Il ne faut d’ailleurs pas hésiter à utiliser les jeux de « coucou-caché »  qui viennent renforcer cette idée et sont souvent très appréciés des jeunes enfants.

Avant d’arriver à la crèche, il sera important que les parents puissent verbaliser auprès de l’enfant, en amont, ce qu’il va se passer pour lui en utilisant des mots simples et adaptés à son âge. Il existe notamment de nombreux livres qui traitent de ce sujet et pourront donc être proposés aux jeunes enfants.

Si le parent vit cette arrivée à la crèche « positivement », l’enfant le ressentira grâce à l’intonation de la voix, aux mots utilisés… et pourra alors d’avantage s’autoriser à s’y plaire. C’est pourquoi il est aussi très important d’accompagner également les parents pour qu’ils se sentent en confiance et que cela puisse alors bénéficier à l’enfant. Lorsqu’une séparation a été difficile, nous pouvons par exemple proposer aux parents de rappeler à la crèche dans la matinée pour prendre des nouvelles…

Afin d’aider l’enfant à se séparer, nous pourrons sensibiliser les parents, dès la première rencontre, à l’importance du doudou, de la tétine si l’enfant en a une, ou de tout autre objet transitionnel. En effet, celui-ci permettra de faciliter la transition entre le connu et l’inconnu, entre le milieu familial et la crèche. L’objet transitionnel constitue un repère rassurant pour l’enfant et l’aide alors à mieux supporter l’absence de ses parents.

 

Lorsque l’heure de la séparation est arrivée, il est nécessaire d’insister sur l’importance de toujours dire « au revoir » à l’enfant pour le prévenir et qu’il ne se sente pas tout d’un coup perdu en ayant l’impression que son parent a disparu, ce qui pourrait alors devenir très angoissant pour lui. Le parent peut alors également donner des repères temporels à l’enfant, qu’il sera en capacité d’intégrer, comme « je reviendrais te chercher ce midi, après le repas à la crèche ». L’enfant peut manifester des pleurs à la séparation car il n’a pas envie que son parent parte mais cette réaction est normale : l’enfant montre alors ses sentiments, ses émotions et ça sera à nous, professionnels, de pouvoir les nommer et les accueillir.

Nous pouvons également mettre en place des rituels avec l’enfant lors des séparations pour l’aider à mieux les vivre. En effet, les rituels permettent à l’enfant de se préparer et de s’approprier ce moment ce qui va alors contribuer à le rassurer sur le plan émotionnel. Ces rituels peuvent être adaptés et propres à chaque enfant (fermer la porte ensemble, se dire au revoir à travers la vitre, aller lire un livre…).

Parfois, il arrive que l’angoisse de la séparation soit ravivée au cours de la journée par une porte qui s’ouvre, par un changement de pièce… Pour rassurer les jeunes enfants, nous pouvons faire appel à toute notre créativité et imaginer différents outils, en collaboration avec les parents. L’enfant pourra par exemple avoir accès à un album photos avec les différents membres de sa famille ou encore à une « boîte à bisous » dans lequel il pourra piocher quand il en ressent le besoin…

La période d’adaptation s’avère bénéfique pour les différents partenaires de la relation que ce soit l’enfant mais aussi pour les parents et les professionnels petite enfance qui s’occuperont de lui. Elle va permettre à chacun de créer du lien, d’apprendre petit à petit à mieux se connaître, élaborer une relation de confiance et ainsi pouvoir mieux vivre et accepter la séparation.

Delphine DESGARCEAUX – EJE – Coordinatrice pédagogique Pim Pam Pomme

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